lundi 28 novembre 2011

Lise de la Salle - Bach

Introduisons.
En plus de sa particule, Lise de la Salle possède une incroyable musicalité. C'est inédit, mesdames, messieurs, leurs animaux, Lise de la Salle est musicale. Son enregistrement Bach/Lizst l'est donc de bout en bout. Liebenstraum, Méphisto Waltz, Fugues... J'ai dû faire un choix. Un choix donc essentiellement porté sur Bach.

La Fantaisie Chromatique qui suit est la première de l'ensemble.Un peu comme un coup d'envoi : la machine aux mille-pattes est lancée. Les notes sont d'une impeccable égalité de son, d'humeur et de longueur. C'est chromatique, donc ça passe de partout, et ça repasse également. Pourtant, c'est bien plus qu'un tas de gammes chromatiques. Lise de la Salle y met une expression évidente, sans rien déconstruire de l'équilibre de la pièce. Arrive la deuxième partie, d'une extrême lenteur qui frôle l'exaspération, mais qui trouve son sens dans la lente et moribonde fin du morceau, un peu comme quand un soufflet au fromage s'effondre en laissant filer un peu d'air chargé de gruyère. Alors, certes, Lise a paraît-il les dents en avant, mais elle fait un boulot sympa qui consiste à dépasser l'exécution.  

Fantaisie Chromatique

Dans cette fugue comme dans chacun de ses morceaux, Lise de la Salle insère de la pulsation dans la musique. Elle contrôle incroyablement son geste et sa précision. Elle a le dessus, pas nous. Exécution. Mais, cette fugue n'a rien de frigide, attention. L'expression y est.
Je vous encourage d'ailleurs à complètement vos béances culturelles en allant mater ses vidéos sur YouTube. Certaines sont superbes.

Fugue in A Minor