Prenons un instant le large commme nous l'avons fait pour ce magnifique Oblivion proposé par Flight'- que je vous encourage à écouter d'avantage - et posons-nous à deux endroits. Le pied gauche en Espagne, le pied droit à Cuba, et au milieu (ben, l'Atlantique, voilà), ce croisement entre un chanteur espagnol et un pianiste cubain que je vous propose d'écouter, en ce matin pluvieux de juin.
Ces deux personnages, tous deux porteurs d'une culture majoritairement hispanique, se nomment Bebo Valdès et Dieguito El Cigala. Le premier a 86 ans, né à Havane, a toute une odyssée musicale derrière lui, débutée à Cuba avec l'Orchestre du Tropicana avant de devenir celle du pianiste compositeur le plus discrètement influent de la musique afro-cubaine. Le second chante le flamenco depuis près de trois décennies, depuis que, enfant, il participait à des concours sur le Rastro (marché aux puces) de Madrid. Il fait ça comme il respire, et ça s'entend.
Les deux se retrouvent le temps d'un album (soit une petite demi-heure) : "Lagrimas Negras"... Et ça marche. Une voix déchirée, infinie et paternelle se mêle aux accents irrésistiblement jazz du piano, lui plus feutré, plus élégant. Sans compter que s'invitent parfois un violon, une contrebasse... Tous à peu près excellents. Ça danse tout seul, j'te jure.
Je publie donc ce boléro-son, "Lagrimas Negras" (larmes noires) écrit et composé en en 1929 par le cubain Miguel Matamoros, inspiré par ces paroles alors qu'il entendait (que dis-je, endurait) les pleurs d'une femme à St Domingue dans une chambre voisine de la sienne. Mais je vous encourage très vivement à écouter l'album dans sa totalité, car chaque titre évoque une puissante et heureuse émotion. N'hésitez pas à laisser votre ordinateur un instant, et trémoussez-vous à votre façon comme votre envie vous le dicte (j'attends les vidéos, section "commentaires".)
Buenas tardes!
Buenas tardes!