Bon bon bon.
Une réanimation sortie de nulle part. De temps en temps, on jette un seau d'eau sur l'aveugle endormi, on lui met deux-trois baffes, on lui colle une guitare dans les bras et il chante. Sauf que là c'est une flûte.
Le concerto, celui-là, de Mozart, pour flûte, genre K. 314, avec trois mouvements dont je ne vous ferai partager que le tiers à moins de réclamation, qui a d'ailleurs déjà été traité dans ces mêmes pages sous forme hautboesque et d'ailleurs il a d'abord été composé pour hautbois et orchestre, dont il paraît que la version d'Abbado et son pote Pahud est meilleure, ce qui n'est pas complètement faux, mais moi j'aime bien celle-ci dont le tempo est plus vif, car Mozart voulait qu'on joue vite donc vous aurez droit à celle-ci, ben il arrive dès que j'aurai fini d'ajouter des trucs au mépris de la moindre élégance syntaxique.
Les interprètes majestueux de ce magnifique et grandiose et immarcescible concerto sont, par ordre alphabétique : Jacques Zoon à la Fllö, Martin Pearlman à la direction, et les tocards du Boston Baroque aux planches, vents et tromblons. Le fait que cela ait été enregistré en 2005, dans notre belle période baroqueuse où les termes « vivacité » et « précision » sont vénérés par la nouvelle dominance intellectualo-musicale (un PROGRÈS), est un plus. Nous n'insisterons pas plus avant sur le fait que Martin Pearlman est, de toutes les façons qu'on le regarde, l'un de ces baroqueux, et ce car Nous pensons que vous avez à présent saisi la chose.
Allons, écoutez donc.
Allegro Aperto