lundi 28 novembre 2011

Lise de la Salle - Bach

Introduisons.
En plus de sa particule, Lise de la Salle possède une incroyable musicalité. C'est inédit, mesdames, messieurs, leurs animaux, Lise de la Salle est musicale. Son enregistrement Bach/Lizst l'est donc de bout en bout. Liebenstraum, Méphisto Waltz, Fugues... J'ai dû faire un choix. Un choix donc essentiellement porté sur Bach.

La Fantaisie Chromatique qui suit est la première de l'ensemble.Un peu comme un coup d'envoi : la machine aux mille-pattes est lancée. Les notes sont d'une impeccable égalité de son, d'humeur et de longueur. C'est chromatique, donc ça passe de partout, et ça repasse également. Pourtant, c'est bien plus qu'un tas de gammes chromatiques. Lise de la Salle y met une expression évidente, sans rien déconstruire de l'équilibre de la pièce. Arrive la deuxième partie, d'une extrême lenteur qui frôle l'exaspération, mais qui trouve son sens dans la lente et moribonde fin du morceau, un peu comme quand un soufflet au fromage s'effondre en laissant filer un peu d'air chargé de gruyère. Alors, certes, Lise a paraît-il les dents en avant, mais elle fait un boulot sympa qui consiste à dépasser l'exécution.  

Fantaisie Chromatique

Dans cette fugue comme dans chacun de ses morceaux, Lise de la Salle insère de la pulsation dans la musique. Elle contrôle incroyablement son geste et sa précision. Elle a le dessus, pas nous. Exécution. Mais, cette fugue n'a rien de frigide, attention. L'expression y est.
Je vous encourage d'ailleurs à complètement vos béances culturelles en allant mater ses vidéos sur YouTube. Certaines sont superbes.

Fugue in A Minor

jeudi 1 septembre 2011

Le Lac des Cygnes - Verbier Festival Orchestra, dirigé par Yuri Temirnakov (Article en solde)

Très logiquement, il y a une question qui vous brûle les lèvres : « Pourquoi en solde ? » C’est une très bonne question, et je suis ravie que vous me l’ayez posée. J’y répondrai plus tard, donc. 

Le Lac des Cygnes est un ballet en quatre actes (dont je ne partage que quelques extraits) sur une musique de P.I.Tchaïkovsky (opus 20) et un livret de Vladimir Begichev inspiré d'une légende allemande. Toute petite fille ayant rêves de danse classique connait ce ballet, à la fois très populaire et parfaitement élitiste d’un point de vue casting. Impossible de ne pas penser à Black Swan de  Darren Aronofsky qui met en scène le ballet attisant toutes les convoitises, excitant les jalousies et ravageant l’esprit de celles qui seraient choisies pour danser le premier rôle. Et là, je me demande assez légitimement : « Mais pourquoi avoir choisi le Lac des Cygnes pour Moments Musicaux ? L’article Wikipédia fait au moins douze pages, il existe au moins cinquante-six interprétations freudiennes de cette œuvre, cinq ballets différents, une correction de la partition après Tchaïkovsky et j’ai tellement d’autres choses à faire, comme manger, dormir, regarder Secret Story et manger une chips… » Je vous épargnerai donc en passant directement à l’interprétation de ce ballet pour orchestre. Quant aux détails et à l’histoire, c’est ici et c’est bien écrit aussi : Wikipédia (ainsi, vous remarquerez que ma phrase d’accroche se trouve très largement inspirée par W. Les joies de l’écriture). 

Finalement, le plus intéressant de tout, c’est l’interprétation. Fin juillet, alors que j’étais en Suisse comme tous les gens normaux, j’ai pu assister gratuitement à la répétition du Verbier Festival Orchestra pour le concert qu’ils donnaient le soir du 28. Verbier Festival qu’il ne faut rater sous aucun prétexte, à propos. 
Le VFO donnait alors un concert exclusivement russe, avec un chef d’orchestre russe également, et très certainement communiste. Yuri Temirkanov gagne en 1966 le concours national soviétique d’orchestration, et enchaîne les succès depuis. Son air sérieux lorsqu’il grimpe sur son estrade disparaît aussitôt qu’il élève les mains, c’est très étonnant à voir. Dans les extraits du Lac des Cygnes que je vais avoir l’honneur de vous transmettre dans quelques phrases -  patience - Temirkanov arbore un constant sourire, et dirige d’une façon absolument drôle et hallucinante. Gestes insolites et danses mystiques parviennent à rendre l’orchestre heureux et plein d’entrain. Ils se marrent et s’amusent, et ne perdent pas une miette de leur propre musique. Ils sont tous très jeunes, et Yuri c’est un peu comme leur Papa. Ils ne se connaissent pas depuis très longtemps et pourtant ils sont très ensemble, et je crois très sincèrement que l’apparence futile qu’a parfois la direction de Temirkanov n’est qu’un leurre et contribue très largement à la totale réussite de cette prestation magistrale. Il arrive même que j’y entrevoie un peu de perfection, ce qui n’est pas peu dire. Aucune fausse note audible ne les trahit, et chacun possède un très beau son autant qu’une excellente technique. Au-delà même du charme, c’est de l’ordre de la performance. Performance, poésie et humour, qui finissent par nous attacher aux musiciens, d’ailleurs. 

Quelques moments de stupeur également : solo de la harpiste, suivi de près par le premier violon aux longs cheveux noirs et au son impeccable qui finit en duo avec la violoncelliste au sourire confiant. Les deux possèdent une musicalité impressionnante, qu’on ne retrouve guère que dans les montagnes suisses, apparemment. 
Un bémol cependant, dans l’extrait n°2, où l’écriture verse une nouvelle fois dans le guerrier magistral et militaire sur les toutes dernières notes, et trouvant ce procédé bien connu, facile et prévisible, je vous fais part de mon scepticisme. Mais cela n’engage que moi, et les quelques autres gens qui ont bon goût naturellement. 

Ah, j’oubliais, pourquoi la solde, outre la période estivale ? Parce que ce concert n’est regardable que jusqu’en octobre, sous peine de subir un retrait bancaire au-delà. Alors, on se précipite, un mois ça passe vite. 
Autre chose, le concert débute tout d’abord par un petit Liadov pas du tout dégueulasse à écouter si vous avez le temps, et se poursuit avant le Lac des Cygnes par le Concerto n°2 de Rachmaninov. Personnellement très peu convaincue par la prestation de Wang qui joue du piano comme elle écrit un mail, je vous le déconseille, mais on ne perd rien à écouter un peu si votre curiosité vous le dicte. 

Voilà la Bête : Le Lac des Cygnes / Extraits

J’espère avoir été concise. 
Bonne soirée. 

PS : Mention spéciale à la qualité incroyable de son et d’image de Médici. C’est cool.


mardi 19 juillet 2011

Rachmaninov - Moment musical n°4

Rachma et Nikolaï Lugansky ou quelle que soit son orthographe. Le second a souvent tiré des œuvres du premier des interprétations dont toute oreille existante se souvient forcément (théorème douteux).

En mi mineur, presto, la pièce de Rachmaninov s'impose immédiatement avec une incroyable force. Elle saisit les tripes, les secoue pendant trois minutes et puis disparaît.

Nikolaï, parce que cet homme était à ce moment-là envahi d'une incompressible pulsion d'absolu. Visiblement c'est au cours de ce même concert qu'il avait sorti du néant un Op.23 No.5 de même puissance. Prélude ayant déjà fait son apparition dans ce blog, ici.


Voici donc la chose, courte et pour le moins intense :


mardi 12 juillet 2011

Ravel - Alborada Del Gracioso par Dinu Lipatti

Que serait ce blog, sans Dinu Lipatti ?

Il existe de nombreuses réponses à cette question :
rien, une épave, un sandwich sans pain, ou un pain sans sandwich, une affabulation, un grotesque canular, bref, il fallait que nous y venions (et vinssions, pour les intimes).

Dinu Lipatti, jeune pianiste, puisque né pianiste vers seize ans et mort pianiste à trente-trois, s'est employé pendant ces dix-sept ans de carrière à "servir la musique", comme il le dit si bien lui-même, plutôt que de "s'en servir", comme d'autres.
Il la sert de ses doigts, que l'on imagine si fins qu'ils effleurent à peine la partition, en lui apportant peut-être seulement ce dont elle a besoin. Toujours droit dans son travail, rigoureux, il vise l'impeccable, et peut-être même la perfection dont on ne sait pas s'il crut vraiment à l'existence. Peu importe. Il guide son travail à l'aide du respect, et instaure dans son jeu une sorte de geste "recréateur". En résulte bien souvent
un très bel équilibre, autant dans certaines de ses valses chopinantes que dans ses sonates mozartiennes. J'ai parfois trouvé dans le peu de pièces que j'ai entendues jouées par Lipatti une clarté fascinante, et une très grande douceur dans la manière d'apprivoiser la musique d'autrui.

Et pourtant, c'est loin d'être une œuvre lisse et ouatée que je vous propose d'écouter ce soir. Mais avant d'en parler - parce que je sais pertinemment que vous ne me lisez pas et que vous courez à chaque fois à la fin de l'article pour écouter les morceaux (je pourrais vous insulter sauvagement que vous ne vous en apercevriez pas) (SALETÉS DE LECTEURS INGRATS ET PUANT LA MÉDIOCRITÉ, N'AVEZ PAS QUELQUE CHOSE A ÉCRIRE VOUS AUSSI PLUTÔT QUE DE LIRE LES TEXTES DES HONNÊTES GENS ? GROS TAS DE TRIOLETS EN CROÛTE) - munissez vous d'un système de diffusion sonore bien plus performant que votre seul ordinateur, parce que cette pièce nécessite d'être entendue harmoniquement, et il est primordial d'en apercevoir le spectre (Oooh!).  

  
C'est bien de l'Alborada Del Gracioso ("Aubade du Bouffon") que l'on parle, et j'en profite ainsi pour creuser la dimension hispanique de ce blog, quatrième pièce des Miroirs (1905) de Ravel, qui étonne par ses couleurs chaudes et ses caprices facétieux. Elle est célèbre pour son orchestration bigarrée (1918) et j'ai moi-même entendue cette pièce jouée par un orchestre la première fois, et je trouve tout à fait fantastique que l'on découvre dans un seul clavier les instruments de l'orchestre, et vice versa dans l'orchestre une dimension pianistique.

On découpe l'œuvre en trois parties. Enfin, JE découpe l'œuvre en trois parties, après chacun fait son petit tri comme il veut.

La première partie semble être une sorte de danse mysté-rieuse (mais que je suis drôle), malicieuse et échevelée. Lipatti exécute de petites envolées célestes avec des notes d'une égalité irréprochable de sa papatte un peu magicienne : on pense à une bohémienne. On dit que l'élève  (le seul, je crois) de Ravel rapporta qu'il fallait que ça ressemble à des "pincements de guitare".
La seconde provoque irrémédiablement chez-moi une érection capillaire incontrôlable , surtout après une première partie aussi radicalement différente. Ici, c'est la plainte du bouffon, vive mais tendre, et maladroite.
Et enfin la troisième, c'est un peu la mêlée des deux parties précédentes, délirante et joyeuse,  martelée parfois (d'où de bonnes enceintes) et d'une terrifiante virtuosité. Cela se termine sur un vertige, et puis plus rien. 




"
Les Miroirs forment un recueil de pièces pour le piano qui marquent dans mon évolution harmonique un changement assez considérable pour avoir décontenancé les musiciens les plus accoutumés jusqu’alors à ma manière." Ravel. 
 
C'est farpaitement ça. On est décontenancés.

samedi 11 juin 2011

Bebo & Cigala

Prenons un instant le large commme nous l'avons fait pour ce magnifique Oblivion proposé par Flight'- que je vous encourage à écouter d'avantage - et posons-nous à deux endroits. Le pied gauche en Espagne, le pied droit à Cuba, et au milieu (ben, l'Atlantique, voilà), ce croisement entre un chanteur espagnol et un pianiste cubain que je vous propose d'écouter, en ce matin pluvieux de juin.

Ces deux personnages, tous deux porteurs d'une culture majoritairement hispanique, se nomment Bebo Valdès et Dieguito El Cigala. Le premier a 86 ans, né à Havane, a toute une odyssée musicale derrière lui, débutée à Cuba avec l'Orchestre du Tropicana avant de devenir celle du pianiste compositeur le plus discrètement influent de la musique afro-cubaine. Le second chante le flamenco depuis près de trois décennies, depuis que, enfant, il participait à des concours sur le Rastro (marché aux puces) de Madrid. Il fait ça comme il respire, et ça s'entend.
Les deux se retrouvent le temps d'un album (soit une petite demi-heure) : "Lagrimas Negras"... Et ça marche. Une voix déchirée, infinie et paternelle se mêle aux accents irrésistiblement jazz du piano, lui plus feutré, plus élégant. Sans compter que s'invitent parfois un violon, une contrebasse... Tous à peu près excellents. Ça danse tout seul, j'te jure.

Je publie donc ce boléro-son, "Lagrimas Negras" (larmes noires) écrit et composé en en 1929 par le cubain Miguel Matamoros, inspiré par ces paroles alors qu'il entendait (que dis-je, endurait) les pleurs d'une femme à St Domingue dans une chambre voisine de la sienne. Mais je vous encourage très vivement à écouter l'album dans sa totalité, car chaque titre évoque une puissante et heureuse émotion. N'hésitez pas à laisser votre ordinateur un instant, et trémoussez-vous à votre façon comme votre envie vous le dicte (j'attends les vidéos, section "commentaires".) 
Buenas tardes! 

mardi 10 mai 2011

Liszt - Rhapsodie hongroise n°2 en do dièse mineur [S.244]

Réponse à une requête ANONYME (sans blague).
Réponse avec plaisir.


Après la sixième rhapsodie (rappel), la deuxième, beaucoup plus connue d'ailleurs !

Souvenir : Tom et Jerry jouant cette Rhapsodie dans un épisode mémorable. Enfin, blog SÉRIEUX aidant (allez), il ne sera pas question de cette version ici. Mais tout de même, c'est à voir au moins une fois dans sa vie.

Choisir entre piano et transcription pour orchestre n'a pas été délicat. Il me semble que, bien que Liszt ait lui-même travaillé sur certaines de ces versions orchestrales, on perd quelque peu l'impression de virtuosité que se doit de donner cette œuvre (impression justifiée !).
Il est vrai que le piano n'est pas un violon, et que les thèmes hongrois (ou plutôt tziganes) gagneraient peut-être à rester joués par des cordes, toutefois le passage au clavier se fait avec tant de naturel qu'il serait absurde de s'y refuser (et hop, une preuve supplémentaire que le piano est un instrument avec un énorme I).

Virtuosité, je disais ; car la virtuosité, personnage à part entière de l'œuvre de Liszt, est particulièrement présente dans ses Rhapsodies Hongroises. Tant présente qu'on a parfois tendance à oublier que ce sont aussi de belles pièces.
En l'occurrence et pour ces interprétations, je suis allé chercher du côté des pianistes à huit mains. J'en ai retenu deux, qui brillent de tous les côtés (musicalement…), et pourtant sont très différentes.


La première est une performance de Marc-André Hamelin, lors d'un récital au Japon, d'après l'intitulé de la vidéo. Ladite vidéo est disponible sur youtube, ici. La rhapsodie est magnifiquement menée jusqu'à un final alternatif, particulièrement… fou.

Quant à la seconde, inévitablement : Cziffra. Question virtuosité au service de la musique, il s'agit d'une sorte de référence. Il m'arrive même de trouver ce pianiste épuisant, voire effrayant, tant il marche avec désinvolture sur ce qu'il est légitime de considérer comme de grandes difficultés techniques. Toujours est-il qu'ici son jeu, léger à outrance, virtuose à l'extrême, s'adapte particulièrement bien à la pièce. Il y a dans cette interprétation autant de Cziffra que de Liszt.



Bonne soirée à tous.

samedi 30 avril 2011

Mozart - Concerto pour hautbois (Allegro Aperto)

Voici un morceau sans piano cette fois, puisqu'il s'agit du seul et unique concerto pour hautbois de Wolfgang Amadeus, perle absolue de beauté et de frivolité mozartienne. J'ai entendu pour la première fois ce morceau dans un anime, que je ne nommerai pas, s'agissant de Nodame Cantabile, et ce fut la première fois je crois que je compris réellement dans un premier temps la véritable essence d'un concerto, et dans un deuxième temps la puissance émotionnelle pouvant être libérée par cet instrument si proche d'une voix humaine. 

Je vous propose ici son seul 1er Mouvement, puisque je n'ai tout simplement pas la suite... Personne n'est parfait. Cependant, celui-ci n'en est pas moins magnifique, rose, sans écœurement, ni excès... C'est des vapeurs, des parfums, de l'eau fraîche et des épices. L'orchestre produit un motif, l'installe dans le temps, et la trouée volatile du hautbois de Nicholas Daniel maquille le tout d'une impeccable envolée épurée et frétillante, similaire au motif initial donné par cordes, cuivres et vents. Il s'agit d'une interprétation britannique, puisque du BBC Symphony Orchestra agréablement dirigé par Jiří Bělohlávek. L'intérêt du live étant de ressentir la complicité des musiciens, et la spontanéité du soliste. Exulté, et exultant.

Concerto pour hautbois I (Allegro Aperto)

lundi 25 avril 2011

Satie - Gnossiennes 3, 4, et 5 par Patrick Cohen.

Vous avez été nombreux à entendre la première Gnossienne au cinéma (Souvenez-vous, Paris de Klapisch), et bien, je vous livre ce soir la troisième, suivie de près par la quatrième et la cinquième ; à mes oreilles  presque dépendantes l'une des autres (les compositions, pas mes oreilles ; quoique). 

Aux côtés des Gymnopédies, Sarabandes, Airs à faire fuir, Danses de Travers, les Gnossiennes sont les premières nées d'une série d'inventions toutes aussi géniales.
Composées dans les années 1890 par notre cher Satie, elles représentent toute la modernité du compositeur : dissonances, lentes inspirations, rythmes décalés, contre-sens. Cet ovni de la musique savante du 19ème siècle nous propose  avec une inventivité toute particulière (que l'on retrouve chez Debussy par la suite, Poulenc, Ravel...)  ces danses,  ayant toutes en commun cette répétition inlassablement mineure de la pompe à la main gauche, et de cette envolée grandiose et  enfantine à la main droite. L'humour, la musique, et la pilosité étonnante de cet homme aux mélodies troublantes lui ont valu milles hommages bien mérités (dont celui d'être un laboratoire à l'ENS Cachan, ce qui n'a absolument rien à voir avec notre choucroute du jour).
Les trois danses que je vous propose aujourd'hui sont, comme il est précisé ci-dessus, magiquement interprétées par Patrick Cohen, pianiste au passé glorieux, au présent plus passe-partout mais qui a su faire chanter Satie mieux que quiconque, je trouve.

Gnossienne 3

Gnossienne 4

Gnossienne 5

Bonne fin de journée!

dimanche 3 avril 2011

Fazil Say - La Marche Turque

C'est épatant.
(Et sinon, vous trouvez pas qu'il ressemble 'achement à Severus Snape dans la production cinéma de Harry Potter ? Je sais, ça n'a aucun intérêt. Mais, TOUT DE MÊME.)

lundi 28 mars 2011

Ravel - Concerto en sol

Composé en même temps que le Concerto pour la main gauche, ce Concerto en sol représente en quelque sorte son penchant lumineux : il s'agit d'une pièce profondément heureuse. C'est également la dernière de ses œuvres majeures (sa toute dernière composition étant un recueil de trois chansons, « Don Quichotte à Dulcinée », destinée à un film presque éponyme).

On y trouve un premier mouvement pétillant de joie et d'énergie à s'en faire péter les branchies, aux accents gershwiniens d'un jazz qui ne ressemble à aucun autre jazz. Sauter de joie, littéralement.

La première fois que j'ai entendu ce deuxième mouvement, j'ai pensé « c'est en écoutant ça que je veux mourir ». Je n'ai pas changé d'avis.
Ce qu'en dit Ravel : « Je l'ai fait mesure par mesure, et j'ai failli en crever ! ».

Et là, on tombe sur ce troisième mouvement, virtuose, drôle, nerveux, volubile, poussant les instruments à bout et au-delà — notamment ce pauvre basson qui doit se taper un trait littéralement injouable —, conclusion éclatante à ce concerto magique.

Rappel : la description ci-dessus concerne l'interprétation ci-dessous, celle de Martha Argerich (enregistrée en 1967). Mais si vous prenez par exemple la récente version de Pierre-Laurent Aimard, récompensée aux Victoires de la musique classique, vous y trouverez de la raideur, un sérieux morne et sans vie, ainsi qu'un dédain profond pour le caractère de l'œuvre. S'en dégage un sentiment global de dégoût vis-à-vis de cette insulte longue de vingt-cinq minutes. Cet homme devrait se rappeler le titre de Divertissement qui avait d'abord été choisi par Ravel.

Mais revenons à cette extraordinaire version.
Martha Argerich, Claudio Abbado, et l'Orchestre philarmonique de Berlin :

1. Allegramente



2. Adagio assai



3. Presto



Pour le premier mouvement, si la curiosité vous pousse plus loin, vous pouvez également vous envoyer un coup de Samson François. Samson François est un type qui se débrouille dans la plupart de ses interprétation pour s'affirmer avec une insolente élégance. Ça passe moins aisément dans le deuxième mouvement, étant donné qu'il faut s'effacer ; et ça, Samson ne le peut pas.


Ou encore, l'interprétation de Leonard Bernstein, disponible sur youtube : Allegramente, Adagio assai, Presto. Particulièrement ce troisième mouvement, incroyable de fulgurance (noter la réaction du public, et regretter de ne pas avoir été là).
Et puis j'ai encore quelques versions à écouter, on ne peut donc exclure une rallonge d'article à venir.
Pour répondre à la question que vous vous posez peut-être : non, ça n'est jamais terminé. JAMAIS !




Bonne soirée.

jeudi 24 mars 2011

Bach - Partita 4 in D Major BWV 828 : Allemande. Par David Fray.

Quatrième d'une portée de six, cette partita, écrite par Bach en 1713, en est sûrement la plus solennelle, voire envoûtante. Son Ouverture très lumineuse à la Lully, succède à l'Allemande dans une veine beaucoup plus introvertie, plus poétique, en passant par la Courante, joyeuse et très ornementée, tandis que l'on retrouve dans la jovialité quasi parodique de l'Aria un air d'Opéra Italien de l'époque. On débouche sur la Sarabande et la Gigue, toutes deux tour à tour douces et acides. L'Allemande constitue avec la Sarabande deux césures, qui, à mon avis, caractérisent Bach dans son ensemble : intime, fluide, secrètes et mélodiques.
Pénétrons donc dans l'intimité de Johann-Sébastien, grâce à David Fray, pianiste né en 81, dont j'ai découvert l'interprétation au détour d'une vidéo, qui m'a absolument engourdie de frissons.



(Je ne vous livre pas ce plaisir en vidéo, les mouvements faciaux perturbants et perturbés du pianiste sont absolument ignobles à voir. M'enfin, c'est vous qui voyez, je serais vous... bref.)

mardi 22 mars 2011

Mozart - Quatuor Op.10 No.6 en do majeur K.465, « Les dissonances »

Dédicace à Haydn :

« À mon cher ami Haydn. Un père, ayant résolu d'envoyer ses fils dans le vaste monde, a estimé devoir les confier à la protection et à la direction d'un homme alors très célèbre, et qui, par une heureuse fortune, était de plus son meilleur ami. Ainsi donc, homme célèbre, et ami très cher, je te présente mes six fils .../... Toi-même, ami très cher, lors de ton dernier séjour dans cette capitale, tu m'as exprimé ta satisfaction. Ce suffrage de ta part est ce qui m'anima le plus. C'est pourquoi je te les recommande, en espérant qu'ils ne te sembleront pas indignes de ta faveur. Veuille donc les accueillir avec bienveillance, et être leur père, leur guide et leur ami. De ce moment je te cède mes droits sur eux, et te supplie de considérer avec indulgence les défauts que l'œil partial de leur père peut m'avoir cachés, et de conserver malgré eux, ta généreuse amitié à celui qui t'apprécie tant, car je suis de tout cœur, ami très cher, ton très sincère ami. »


Ceci est le dernier des six quatuors dédiés par Mozart à Haydn. Surnommé « Les dissonances » en raison de son Adagio d'introduction dans le premier mouvement.
Ces musiciens sont les membres du Quatuor Belcea ; l'enregistrement date de 2006.

Il existe une autre interprétation gagnant à être écoutée, plus sombre mais tout aussi belle, peut-être même que je préfère : celle du Quartetto Italiano. Cependant, printemps et pression implicite de l'humanité environnante heureuse de voir le soleil réchauffer sa figure béate obligent, je ne pouvais que choisir cette version-là, à la fois lumineuse et d'une évidence musicale toute mozartienne. Plaisir donc.

Utiliser « mozartienne » et avoir l'impression de dire des choses.


Le quatuor :

1. Adagio, Allegro


2. Andante Cantabile


3. Menuetto


4. Allegro Molto


Les couleurs du lecteur, n'est-ce pas ? Ça m'a choqué aussi.


(France Musique powered.)

jeudi 17 mars 2011

Antoine de Bertrand - Dans le serain de sa jumelle flamme

Entendue au hasard d'une émission de radio mal transmise, cette pièce extraite des Amours de Cassandre et du 1er Livre des Amours de Ronsard, me laisse une impression fugace de jouissance musicale presque aussi savante que vivifiante. Antoine de Bertrand, compositeur de la Renaissance et profond humaniste se découvrant une passion sans limites pour Ronsard, met en musique ce poème :


Dans le serein de sa jumelle flamme
Je vis Amour, qui son arc débandait,
Et sur mon cœur le brandon épandait,
Qui des plus froids les moelles enflamme.

Puis çà puis là près les yeux de ma dame
Entre cent fleurs un rets d’or me tendait,
Qui tout crépu blondement descendait
A flots ondés pour enlacer mon âme.

Qu’eussé-je fait ? l’Archer était si doux,
Si doux son feu, si doux l’or de ses nœuds,
Qu’en leurs filets encore je m’oublie :

Mais cet oubli ne me tourmente point,
Tant doucement le doux Archer me point,
Le feu me brûle, et l’or crêpe me lie.


Je prends donc le risque de vous proposer une écoute que j'ai moi-même à peine entendue, car je ne puis l'écouter à nouveau immédiatement. Émotion toute fraîche encore, donc.

Interprétée par l'Ensemble Métamorphoses de Paris : ici.

vendredi 11 mars 2011

Astor Piazzolla - Oblivion

Ce tango, écrit en 1982, a depuis lors été arrangé pour toutes les formations possibles et imaginables. Et c'est l'une de ces formations de l'improbable que je vous propose ici d'écouter, où se côtoient entre autres un chœur, une batterie et un saxophone.

Voici donc un Oblivion arrangé, transfiguré, par l'Ensemble Contraste :

vendredi 4 mars 2011

Etude 3# "La Campanella" de Liszt par François-René Duchâble

"La virtuosité, c'est la possibilité pour un pianiste de jouer un maximum de notes en peu de temps. Mais ça n'est pas du tout le principal but de la musique ; la musique c'est la poésie, c'est la méditation... Et quelquefois, la virtuosité coïncide avec l'expression musicale." Duchâble, dans La Boîte à Musique de Jean-François Zygel.


Voilà ce qui résume assez mon idée de la Campanella, étude extraite des Six études d'après Paganini de Liszt, jouée par ce monstre aux mille doigts.

lundi 28 février 2011

Beethoven - Sonate Pathétique, par Brendel.

Après avoir prêté mon oreille à Richter, Gould, Horowitz, après avoir lu en lettres d'or les noms de Pletnev, Barenboïm, Arrau, Backhaus, dont les enregistrements sont trop peu disponibles, j'ai tranché finalement, sans grande hésitation : Brendel. J'étais quasiment vierge de Beethoven jusqu'à ce que ses mains douces et suaves me le fassent découvrir. Amère douceur, exquise caresse, sourde douleur, c'est un baptême réussi.


Connue, peut-être bien trop peu :

Beethoven - Concerto pour piano en si bémol majeur op.19

Pour ce deuxième concerto de Beethoven, Gábor Takács-Nagy dirige ici le Verbier Festival Chamber Orchestra : musiciens aux visages heureux, lui le premier. Martha Argerich au piano.

I Allegro con brio
Première partie
Deuxième partie

II Adagio
Mouvement complet

III Rondo. Molto allegro
Mouvement complet

(J'ai l'impression avec ce rondo d'un cache-cache passionnel entre deux jeunes êtres qui jouent à se séduire, et cela me fait RIRE.)
(Un jour nous irons en Suisse.)

mercredi 16 février 2011

Bach/Liszt - Prélude et Fugue en la mineur, BWV 543

Ce prélude et fugue avait été initialement composé pour orgue, c'est Liszt qui l'a transcrit pour piano. Liszt, dont une partie conséquente de l'œuvre est composée de transcriptions, et pas seulement de Bach (par exemple, les neuf symphonies de Beethoven en font partie). Souvent transparaît donc sa patte par-dessus le texte initial.

L'interprète se nomme Byron Janis (seul élève qu'a jamais eu Horowitz : bonne carte de visite).


Prélude


Fugue

mardi 15 février 2011

Chopin - Polonaise n°6 en la bémol Op. 53

Martha Argerich en 1965 (24 ans).
Déjà son jeu est libre et énergique, pourtant respectueux des limites du texte. C'est à l'intérieur même d'une interprétation d'apparence habituelle que sa personnalité prend vie.

Inévitablement, elle obtint à ce moment-là le premier prix du Concours international Chopin de Varsovie.

Polonaise dite « héroïque », donc :




À l'attention de ceux qui voudraient pousser la curiosité un peu plus loin : la vidéo existe sur Youtube, avec un son de qualité moindre toutefois.

mercredi 9 février 2011

Mozart - Concerto pour piano n°20 en ré mineur

Difficile de choisir et d'extraire une seule œuvre du répertoire mozartien. Surtout pour commencer…
Mon choix s'est donc arrêté sur le K.466.

Ce concerto — à l'instar d'un certain nombre d'œuvres dudit Mozart — est un interminable enchaînement d'évidences harmoniques qui vous enfoncent un peu plus la musique dans l'âme à chaque mesure.

Quant à l'interprète, il a été délicat de tous les éliminer sauf un. David Fray jouant Mozart comme il jouerait Bach, Rudolf Serkin et son orchestre endiablé, sont passés à la trappe ; d'autres tels que Clara Haskil ou Wilhelm Kempff ont semé le doute. Et même, on eût pu affirmer que Serkin méritait sa place. Enfin je maintiens ce choix malgré tout :

Piano : Arthur Rubinstein. Direction : Alfred Wallenstein.

La meilleure manière de dire à quel point cette œuvre est belle reste celle-ci :


[K.466] I - Allegro


[K.466] II - Romance


[K.466] II - Allegro assai

lundi 31 janvier 2011

Rachmaninov - Prélude Op. 23 No. 5

Sans doute l'un des préludes les plus puissants de l'individu, aussi l'un des plus jouissifs.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il ne m'a pas été dilemmique de choisir l'interprète. Interprète que je connais presque uniquement par le biais de ce prélude, d'ailleurs. Enfin il a des pinceaux à la place des doigts, et ça, c'est collector.


Par conséquent : Nikolaï Lugansky jouant le prélude op. 25 no. 5 de Rachmaninov



(Je suis en train de me demander s'il ne serait pas cool de parler un peu plus des œuvres qu'on vous met sous le nez. Il faudrait bosser un peu plus aussi, mais ce serait chouette.)
(À suivre.)

samedi 29 janvier 2011

Chopin - Valse en Mi Mineur Opus Posthume

Les deux Arthur jouent admirablement les valses de Chopin.


L'un, Rubinstein, manifestement adepte du romantisme et friand d'accélérations poussives ne manque pas de charme. Il souligne simplement avec grâce ce qui était déjà écrit.
Si parfois il accentue un peu trop, et se laisse aller au plus sirupeux des jeux, mais ce dernier finit pourtant par gagner et vous envoûter malgré vous.


L'autre, Schoonderwoerd me séduit parfois davantage, en choisissant de laisser les notes traduire elles-même leurs émotions. Son tempo irréprochable suggère enfin une vraie valse, celle sur laquelle vous pouvez vraiment danser, et provoque une émotion corporelle. On imagine aisément la danse, on la ressent, on la vit. Elle nous emporte dans une calme et humble envolée.


Je vous laisse entre leurs mains expertes.


Arthur R et Arthur S sur la Valse en Mi mineur, Opus Posthume. ('ttention, ça rigole pas.)


ET, bonus (parce que je vous aime beaucoup) ; dans l'ordre : Arthur R et Arthur S.

dimanche 23 janvier 2011

Pergolèse - Stabat Mater dolorosa

Première partie du Stabat Mater de l'enfant, dernière de ses œuvres de jeunesse, dernière de ses œuvres tout court.

Pas de piano, mais deux voix. Et quand on chante avec autant de délicatesse, de limpidité et de maîtrise du son, ça confine à une émotion béate.

Je ne connais pas vraiment le Stabat Mater, ni ces interprètes (même s'ils ne sont pas tombés là par hasard), et m'arrête donc avant d'en dire des bêtises. Quand à la première partie, si elle se trouve ici seule, c'est parce que c'est bien celle que je trouve la plus belle.



(En effet, les couleurs du lecteur flash sont oh!. J'ai raté mon coup. Ça arrive.)

vendredi 21 janvier 2011

Schubert - Moment musical #3

(Le titre est parfaitement en accord avec le morceau, vous noterez.)

Et pour cette petite chose discrète, faisons appel à deux pianistes. Deux interprétations radicalement différentes. Afin de ne pas gâcher le plaisir d'un premier contact, mieux vaut écouter avant de lire la suite.

Le premier pianiste, de façon tout à fait inattendue : Vladimir Horowitz.

Le second, sans surprises : David Fray.



La première de ces deux interprétations est un choix assez largement répandu : le choix de quelque chose de discret, délicat, guilleret, feutré, fugace.

Pour la deuxième, je dois bien avouer que c'est l'un des commentaires de la vidéo qui m'a évité de passer à côté, ce qui eût été un tort. Comme le fait remarquer cet individu, quelque chose de nouveau se dégage alors de de ce morceau, quelque chose de pensif et mélancolique.

C'est cela qui fait que ces deux interprétations, qui n'ont pas la même approche, peuvent s'apprécier l'une et l'autre sans souffrir d'une comparaison directe et immédiate.

mercredi 19 janvier 2011

Tortelier, parce qu'il le vaut bien.

Avec un tel nom, il fallait bien lui trouver une gloire à cet enfant ("Mais vous n'avez pas terminé de lyncher les musiciens sur leurs noms, c'est pas sympa, hein, franchement !") : le violoncelle.

Le mieux, c'est qu'il est doué pour ça ("était doué". Depuis le 18 décembre 1990, il ne va pas fort). Il vient vers toi, et pose son violoncelle. Il te l'offre littéralement, comme si tu étais tout proche, comme si tu étais là, à l'écouter, adossé(e) à la porte de son salon, propulsé(e) dans l'ivresse d'une mélopée franche, et d'une si jolie façon de dire les compositeurs, avec les doigts, de faire chanter un gros bout de bois. Chapeau bas.

Bach, Fauré, Debussy...Tortelier les sublime tous.
Il incarne pour moi, toute la nudité musicale nécessaire aux Suites autant qu'à l'Élégie, en passant par Tchaikovsky.

Première approche : On échappe pas aux Suites de Bach dans une vie, va falloir s'y faire. Suite N°6 ; Prélude.

Seconde approche : Là où le piano rentre en scène. Avec Jean Hubeau. Debussy, sonate pour violoncelle & piano ; Finale.

Troisième approche : Tortelier, ou l'Entreprise familiale. Handel, trio Sonata HWV 387.

Quatrième approche : C'est sans fin. Tchaikovsky, Concerto pour violoncelle, n°1 opus 33 I. (Cette quatrième approche n'en limitant pas le nombre incalculable)


J'espère que tu es content de moi, lecteur.

mardi 18 janvier 2011

Rachmaninov - Concerto pour piano #3

Encore un petit coup de vieux. Du vieux Horowitz.
Un peu moins cette fois-ci, il est vrai. Seulement 75 ans. 83 dans la vidéo précédente.

Du Rachmaninov, ce romantique anachronique, qui a su rester fidèle à la musique et ne pas se laisser entraîner par ses destructeurs consciencieux (je ne vise personne).

(Et cette introduction du troisième mouvement… Ça pousse à l'émission de borborygmes de plaisir.)



EDIT TARDIF : Cet article constitua la première preuve tangible que je n'ai aucune conscience professionnelle. En effet l'interprétation susprésentée ne compte pas au nombre des enregistrements reçus au Panthéon de mes écoutes extatiques ; d'ailleurs aucune interprétation complète de ce concerto ne s'est vue accorder l'incommensurable honneur (mais si) d'y avoir accès. Dommage, c'est tellement bien composé…
Mais afin de racheter le salut de mon âme à prix d'or, voici tout de même une interprétation du troisième mouvement que je trouve plus belle. Peut-être simplement à cause du son, je me le demande encore. Emil Gilels, donc.

lundi 17 janvier 2011

Scriabine - Étude Op. 8 No. 12

Jouée par Horowitz.

Par Horowitz vieux.

Et Horowitz vieux, c'est un peu la quintessence absolue. Enfin, disons qu'en vieillissant il n'a cessé d'affiner son art, d'évoluer. Avant, c'était un monstre, et l'âge lui a permis de dompter le monstre. Ce que ça donne, c'est ça :



(Hé ben, c'était succinct.)

dimanche 16 janvier 2011

Liszt - Rhapsodie hongroise #6

Aussi et surtout : par Cziffra. Héééé oui.

Cziffra… quand les autres pianistes ralentissent et noient un peu le poisson dans la pédale, lui accélère et la fout à l'eau, la pédale. C'est un type qui s'amuse avec les partitions, qui improvise à loisir ; une tradition qui s'est quand même pas mal perdue depuis qu'on voue un culte au soi-disant respect du texte. Mais respecter le texte, c'est le faire vivre. Et Cziffra, il joue une musique bondieusement vivante. Il prend son pied, il s'amuse, ça se voit et ça s'entend.

Anecdotiquement parlant, c'est en écoutant Cziffra jouer la deuxième Rhapsodie hongroise que je me suis rendu compte qu'un pianiste pouvait être à la hauteur de ces gigantesques compositeurs.


Have fun.

Debussy - Clair de lune

Oui, on pourrait dire que ça donne une première impression assez fade, étant donné que c'est d'une outrancière célébrité.
M'enfin peu importe que ce soit célèbre, du moment que c'est beau. Donc la première impression, on oublie.

Et vu que dans la vie réelle, il me faudra quitter l'écran sous peu, je comprime le bavardisme. Z'avez de la chance.



En réalité, si j'ai mis le Clair de lune, c'est parce que l'interprète ici présent joue un autre prélude : Minstrels, et que c'est l'interprétation la plus fidèle à la légèreté et à l'humour propres audit prélude que j'aie pu trouver (en cherchant pendant huit minutes au bas mot).

samedi 15 janvier 2011

Titre : premier article. Oui, voilà : « premier article ».

C'est cool comme titre, non ?
Personnellement je trouve ça d'une abominable indécence, et les bonnes mœurs me crachent à la figure. Mais comme j'ai le goût de l'équilibre et de la justice, je procède à un retour en bonne et due forme. Assez d'autobiographie instantanée.

Si vous tombez par hasard ici, vous êtes certainement en train de vous demander dans quel coin sordide vous avez atterri. Inutile de cherche l'erreur dans le parcours qui vous a amené là, yen a pas. C'est un coup fourré de la main du destin, avec un grand dé.


Bon, concrètement, je devrais présenter ce blog. C'est le concept inhérent à tout premier article, non ?
Alors : j'aime bien la musique. Point.
C'est un fait. La musique, disons que c'est ma vie, pour faire simple.
Et particulièrement le piano.
Ça c'est le postulat de base. Il vous manque encore un élément :
Je trouve l'idée du partage d'informations particulièrement avenante. C'est à dire que j'aimerais refiler des conseils à des gens, et en recevoir de même. Sauf que les conseils, c'est tout un bordel pour les faire admettre en tant que valables. Vieux réflexe bien humain de « ouais mais il y connaît rien lui, et il prétend me conseiller, ha ! ».
Alors j'ai failli prendre l'habitude de déblatérer des musicalismes à tort, et surtout au travers d'un endroit que l'on nomme facebook. Étant donné que j'en ai maintenant par-dessus l'œil gauche de ce tas de fange qu'est facebook, cet endroit où les gens s'imaginent que la meilleure chose à faire, c'est de raconter leur vie (alors que c'est un outil permettant tellement de trucs intéressants), j'ai décidé de parler carrément dans le vide et d'organiser un face-à-face avec un blog. Moins d'audimat, mais au moins, voilà. Et si ça se trouve, un jour, je tomberai sur des lecteurs qui auront des choses à offrir aussi.

Donc en gros, pour en revenir au cœur du sujet, je posterai des machins en rapport avec le piano et la musique. Parfois des trucs que je trouve surhommesques, parfois simplement cools. Parfois des vidéos, parfois des fichiers audio, parfois juste les références, parfois du texte, parfois j'en sais trop rien encore.


À part ça, si ça peut vous amuser vous aussi de parler de piano ou de musique tout court, ben devenez co-auteur du blog. C'est facile : suffit de demander. Et d'avoir du goût (enfin, du goût qui ressemble au mien ou qui fait dans le genre complémentaire ; le goût dans l'absolu, c'est un concept ; à développer, plus tard). M'enfin on n'en est pas encore là, hein…


Bonne écoute, bonne lecture, lâchez les chiens.


Addendum daté du 19 janvier 2011

Et ce qui pouvait arriver arriva : débarquement d'un autre individu. En l'occurrence, d'une.
Ce que je peux dire d'elle : elle aime la musique aussi, et elle a subitement exprimé le souhait de publier ici. Deux éléments qui une fois réunis donnent miraculeusement naissance à un nouvel auteur sur ce blog.

Si un jour elle estime que cette présentation est insuffisante et ne la valorise pas à sa juste mesure, elle me râlera allègrement à la figure, je suppose. Mais tant que vous pouvez lire ceci, c'est que son courroux sommeille.

Fin de l'addendum.


Addendum daté du 29 janvier 2011

L'anciennement « Tendances musicopianistiques » devient « Moments musicaux ». Parce que c'est plus joli, et parce que ça se rapproche beaucoup plus de l'esprit dans lequel grandit l'enfant.

Addendum daté du 22 mars 2011

L'url à son tour est modifiée. De « urlsansaucunsens.blogspot.com », on passe à « musicalismes.blogspot.com ». Bien que cette nouvelle adresse soit quelque peu chargée de fange, elle reste bien plus appréciable que la précédente. Momentsmusicaux.blog… étant malheureusement déjà occupé par un individu de toute évidence imperméable à toute forme de musique.